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La vie d'un enfant peut-elle être traitée par le droit comme en elle-même un dommage?

Conférence Public-cible: Ouvert au grand public
La radicalité de la conception libérale de la justice et du droit est restée longtemps inaperçue, parce que dans le domaine sociétal les libéraux les plus convaincus restaient encore imprégnés de valeurs chrétiennes, en porte-à-faux par rapport à ce qu’aurait exigé un libéralisme conséquent. L’arrêt Perruche (Cour de cassation de la France, 1996 et 2000) permet de prendre la mesure de cette radicalité : comme Nicolas ne serait pas né si le choix de sa mère de recourir à un avortement n’avait pas été mis en échec par une erreur du médecin durant la grossesse (le médecin n’a pas détecté la rubéole de la mère pendant la grossesse, rubéole à l’origine du handicap très lourd de Nicolas à sa naissance), le médecin doit prendre en charge le coût entier de la vie de Nicolas de la naissance à la mort, comme si la vie elle-même du handicapé qu’est Nicolas était ontologiquement wrongful, quelque chose de préjudiciable. Le choix de la mère en faveur de l’avortement, aux yeux de la conception libérale de la justice et du droit, passe avant le fait simple et immense que Nicolas est né, donc est. La liberté a la priorité sur l’existence. C’est une conception de la justice qui implique un fondamentalisme de la liberté.
Quand?
28.04.2020 18:15 - 19:45
Où?
Site MIS 03 / Salle MIS 3028
Avenue de l'Europe 20, 1700 Fribourg
Organisation
Institut interdisciplinaire d'éthique et des droits de l'homme / Département des sciences de la foi et des religions, philosphie
Bernard Schumacher, François-Xavier Putallaz
bernard.schumacher@unifr.ch francois-xavier.putallaz@unifr.ch
Av. de Beauregard 13
1700 Fribourg
026/300.73.44
Intervenants
Henri TORRIONE, Professeur de philosophie du droit, Université de Fribourg

CYCLE:
Procréations médicalement assistées : du 'droit' à l'enfant aux droits de l'enfant

La procréation médicalement assistée visait originellement à procurer à des couples stériles des moyens d’avoir un enfant. Depuis lors, elle s’est développée au point de sélectionner certaines vies humaines (diagnostic préimplantatoire). D’autres techniques permettent de scinder la parentalité : avec la grossesse pour autrui ou le don d’ovocytes, un enfant peut désormais avoir trois mères et deux pères. Enfin, la congélation d’ovules permet aux futures mères de décaler le moment de la grossesse pour des raisons sociales ou personnelles.
Ce cours-séminaire abordera deux types de questions : d’une part il interrogera les principales conceptions du statut de l’embryon humain, et d’autre part il questionnera les avantages et les risques de certaines pratiques. Il abordera notamment les questions de la filiation et de l’identité, du « droit » à avoir un enfant, respectivement des droits de l’enfant. Est-il envisageable de vouloir un « enfant sur mesure », sans handicap, avec des propriétés déterminées ? Les reprogrammations des cellules adultes féminines permettront-elles de choisir parmi un grand nombre d’enfants possibles ? C’est le sens d’un « eugénisme libéral » qui se pose de manière inédite.
L’Université étant un lieu de discussion sereine, elle permet, mieux qu’ailleurs, des prises de position humanistes et nuancées. Puisque la question est interdisciplinaire, on fera appel à plusieurs spécialistes (médecins, biologistes, psychiatres, juristes, philosophes…) qui interrogeront la pratique actuelle de manière critique.

 
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