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MAI

La bienveillance : une fausse évidence

Conférence Public-cible: Ouvert au grand public
Nous inviter à réfléchir sur la bienveillance constitue un beau challenge à l’heure d’un certain terrorisme de la pensée unique. Qui, en effet, pourrait se dire non bienveillant ? Mais à partir de ce constat, personne (en dehors de quelques velléités de distinction) ne se revendiquera volontairement, consciemment, malveillant. Alors la bienveillance ne serait-elle que pur artifice, que pure fiction ? Notre propos s’attachera à reprendre ce concept de bienveillance avec l’hypothèse selon laquelle, sans lien avec l’idée d’un devoir (par humanité, par responsabilité et/ou par solidarité), la bienveillance, dans notre monde contemporain globalisé, cache en fait un profond désintérêt pour l’Autre, ou à tout le moins, une vanité stérile.
Quand?
15.05.2019 17:15 - 19:00
Où?
Site MIS 03 / Salle 3117
Avenue de l'Europe 20, 1700 Fribourg
Organisation
Travail social et politiques sociales
Séverine Moll-Lauper
severine.moll-lauper@unifr.ch
Bonnesfontaines 11
1700 Fribourg
026 300 77 86/80
Intervenants
Docteure en sociologie de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, Vivianne Châtel est maître d’enseignement et de recherche à la Chaire de Travail social et politiques sociales de l’Université de Fribourg. Elle y assure la responsabilité du Master spécialisé "Éthique, responsabilité et développement". Elle poursuit aujourd’hui ses recherches dans deux directions, d’une part, sur la vulnérabilité et l’inexistence sociale et, de l’autre, sur l’éthique, la responsabilité et l’aide au développement. Elle est par ailleurs correspondante du Comité de recherche 30 de l’Association internationale des sociologues de langue française "Identités, inégalités et liens sociaux". Elle co-dirige actuellement, avec Shirley Roy de l’Université du Québec à Montréal, un numéro spécial des Cahiers de recherche sociologique sur la compassion, à paraître courant 2019.
Pièces jointes

CYCLE:
Bienveillance, bienfaisance, bientraitance. Les pratiques du Bien sous la loupe

Le Bien est de retour ! Depuis quelques années déjà, il n’est pas un programme d’intervention publique, pas une action bénévole ou humanitaire, dans les domaines de la santé, de l’éducation ou du social, qui ne réfère à la bonne intention de l’activité entre-prise et au profond respect de la dignité de la personne considérée.
Que signifie ce recours au bien vouloir et au bien agir dans la qualification des actions entreprises, si ce n’est d’afficher qu’il n’en a pas toujours été ainsi ? Quelle est en fait la valeur ajoutée de cette mobilisation générale du Bien dans les référentiels de l’action sur ou avec Autrui ? S’agit-il d’une traduction pratique de l’exigence éthique qui traverse tous les champs de l’action, publique comme bénévole, aujourd’hui ? S’agit-il davantage d’une conséquence de l’obligation de transparence et d’évaluation qu’imposent à tout programme d’intervention les nouvelles formes de management ? S’agit-il, au contraire, d’une disposition prudente des institutions et des associations devant la montée en puissance des usagers / bénéficiaires tout aussi soucieux d’être considérés dans leur singularité que prompts à faire recours en cas d’insatisfaction ? S’agit-il encore d’un argument "commercial" dans un univers, fut-il celui de l’action publique ou bénévole, fortement traversé par des logiques concurrentielles ? Quelle que soit la réponse à ces questions, et il est probable qu’elle se tienne à mi-chemin de celles-ci, il convient de s’interroger sur l’impact concret de cette référence au Bien dans les pratiques des professionnel-le-s et de se demander jusqu’où elle infléchit la philosophie générale de leurs interventions, elle marque les principes de leurs codes déontologiques et, aussi, elle affecte la nature de leur relation avec les bénéficiaires-usagers.
 
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01.05.2019Contre le salut
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15.05.2019La bienveillance : une fausse évidence