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ANNULÉE ET REPORTÉE A UNE DATE ULTÉRIEURE. Visiter des prisonniers dans les conflits : une action insignifiante ?

Conférence Public-cible: Ouvert au grand public
Visiter des personnes détenues dans le cadre de conflits armés, c’est entrer dans un monde de souffrances, d’isolement, parfois de violences. Quel est le sens de visites humanitaires ? C’est d’abord de protéger contre des violences et des traitement inhumains ou dégradant ; de veiller à des conditions dignes ; et parfois d’apporter une assistance pour l’alimentation ou la santé. Dans des cas extrêmes, devant une impuissance face aux violences ou à la déshumanisation, il reste la visite elle-même, dont le sens s’exprime parfois autour de petites choses : une tasse de café, une photo ou un objet partagé, révélant alors notre humanité commune. Quand la visite est l’occasion d’une rencontre, elle peut être une étape significative sur un chemin de ré-humanisation et de résilience.
Quand?
25.03.2020 17:15 - 19:00
Où?
Site MIS 03 / Salle Auditoire C
Avenue de l'Europe 20, 1700 Fribourg
Organisation
Travail social et politiques sociales
Moll-Lauper Séverine
severine.moll-lauper@unifr.ch
Rte Bonnesfontaines 11
1700 Fribourg
026/3007786/80
Intervenants
Paul Bouvier a fait des études de médecine à Genève, spécialisé en pédiatrie (FMH), en santé publique de l’enfant. De 1989 à 1997, il a conduit des recherches sur la santé de l’enfant en Afrique et en Suisse, puis a dirigé le Service de santé de la jeunesse à Genève. De 2007 à 2019, il a travaillé au Comité International de la Croix Rouge comme Conseiller médical principal, comme coordinateur des cours HELP sur la pratique de l’action humanitaire et comme responsable du groupe de référence sur l’éthique humanitaire. Il est actuellement chargé d’enseignement à l’Institut de santé globale de l’Université de Genève

Pièces jointes

CYCLE:
L’action aux confins. Quand l’action n’est pas encore (ou déjà plus) agir.

Toute action se doit d’être efficace, à tout le moins conforme, pour être signifiante socialement. C’est ce que, en bon « social scientist », nous avons retenu de notre fréquentation des bancs universitaires, mais aussi en bon honnête homme (et bonne honnête femme), nous avons appris, quelquefois à nos dépens, de nos expériences biographiques. Mais parfois, souvent même, l’action s’arrête à ces marches et entre dans les limbes de l’action urgente, de l’action contrainte, de l’action embarrassée, de l’action limitée, de l’action insignifiante. Agir à tout prix devant les désastres humanitaires, agir dans l’urgence devant la souffrance sociale des plus vulnérables, agir sans attendre devant les impacts climatiques à court terme, soigner par-delà l’éventuel consentement du malade quand la vie de ce dernier est en jeu ; la morale vient ici recouvrir l’action, au nom d’un impératif indiscuté posé comme indiscutable. Agir malgré tout, agir pour sauver la face, agir quand il ne reste plus que cela à faire, agir coûte que coûte parce que ne pas agir serait encore pire ; le désespoir, à tout le moins la désillusion, vient ici soutenir l’action et lui donner son sens. Agir dans les marges laissées libres, consentir, ruser, détourner, résister, désobéir, agir en refusant l’action attendue mais en s’inscrivant néanmoins dans des schémas imposés, dans des dominations minuscules mais pourtant fortement pesantes ; l’action devient ici vitale comme condition du maintien de l’existence, fût-elle insignifiante. Agir en retenant l’action, en soupesant, en délibérant, en négociant (avec soi et avec les autres) car agir n’est pas simple tant il nous condamne à construire des alternatives rien moins qu’évidentes, tant il nous prend dans des dilemmes sans sorties aisément acceptables ; l’action est ici pesée des conséquences, appréciation des intérêts et, avant tout, établissement d’un compromis, le résultat d’un travail éthique caractérisant un agir dont la solidité repose sur l’équilibre.
C’est à ces thématiques, et à bien d’autres encore, centrées sur cette idée qu’agir ne suffit pas ou que ne pas agir est en soi une action, que l’action est trop compromise pour être moralement acceptable ou bien encore trop soupesée pour être efficiente que sera consacré le cycle de conférences publiques 2020 auquel l’ensemble des étudiant-e-s de la Chaire de Travail social et de politiques sociale sont convié-e-s ainsi que tout-te étudiant-e et tout-e citoyen-ne intéressé-e- par cet enjeu.

 
Autres événements dans le cycle
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