16
OCT

Santé et travail. Le bonheur et l’épanouissement au travail : nouveau mythe, nouvelle domination ?

Conférence Public-cible: Ouvert au grand public
Être heureux, s’épanouir, se stimuler et même accéder au bonheur à travers
son travail sont autant de formules lues et entendues, véhiculées par les organisations
professionnelles, de plus en plus présentes dans les entreprises.

Certains discours vont même jusqu’à une essentialisation de ces rapports au
travail : ils seraient dans notre nature de conjuguer quête du bonheur et travail.
Ne pas être heureux au travail révèlerait alors un problème d’adaptation, de
dysfonctionnement ou de déséquilibre personnel. Ce serait aussi ne pas correspondre
à l’imagerie diffusée par ce nouveau dogme du bon travailleur / de la
bonne travailleuse.

La question de la domination, longtemps débattue au sein de la sociologie du
travail, a peu à peu perdu de sa centralité au fur et à mesure des changements
sociétaux nous amenant vers ce que certains définissent comme une individualisation
de la société générant simultanément un effacement des classes sociales.

En outre, parler de domination dans les rapports socio-professionnels était
(et est encore aujourd’hui ?) trop associé à la question marxiste n’ayant plus
l’écho des années soixante-dix dès lors que l’on partage le postulat d’une société
d’individus autonomes, ne faisant plus système.

Pourtant, certains travaux en sciences humaines et sociales reviennent actuellement
sur une lecture des rapports de domination repérés au cœur des nouveaux
outils de management notamment via ce mythe du bonheur. Être heureux
amènerait à plus de performance pour l’entreprise et relèguerait le fait de
ne pas l’être comme une faute, à imputer à l’individu.

Derrière la façade d’agréments observée dans certaines entreprises – qui
offrent pléthores de formations en mindfullness, développement personnel,
quête de bonheur, coaching par un chief happiness officer, etc., mais aussi des
conditions de travail dites « ludiques » –, force est pourtant de constater que les
nouveaux outils gestionnaires déstructurent le travail mais aussi rendent malades.
Il n’y a jamais eu autant de plaintes, de morbidité mais aussi de mortalité
au cœur des sphères professionnelles.

Malgré cela, les salarié.e.s le plus souvent adhèrent à cette nouvelle idéologie
et arrivent dans certains extrêmes à penser que tous les aspects péjorés liés
à leur travail sont de leur responsabilité.

Servitude volontaire, domination, aveuglement… peu importe les termes et
les débats philosophiques qui les sous-tendent, il n’empêche que se questionner
sur ces paradoxes et ces nouvelles formes de domination semble nécessaire.

Tel sera notre objectif à travers ces conférences-débat.
Quand?
16.10.2018 17:30 - 19:30
Où?
Site PER 21 / Salle G 120
Bd de Pérolles 90, 1700 Fribourg
Organisation
Travail social et politiques sociales
Séverine Moll-Lauper
severine.moll-lauper@unifr.ch
Bonnesfontaines 11
1700 Fribourg
026 300 77 86/80
Intervenants
- Danièle Linhart, directrice de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (Paris)
- Véronique Nahoum-Grappe, chercheure à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris
Pièces jointes