30
OCT

L'autorité et le paternalisme dans le processus de décision

Conférence, Cours public Public-cible: Ouvert au grand public
Cycle "La prise de décision chez la personne vulnérable. Co-décision et identité narrative"

On pourrait définir, avec Hannah Arendt, l’autorité comme la capacité de se faire obéir sans effort de persuasion et sans usage de la force. La nécessité de la force trahit l’absence d’autorité, alors que la persuasion suppose une relation entre égaux. La philosophe allemande nous fait alors mesurer tout ce qui sépare l’exercice de la médecine contemporaine d’un exercice d’autorité. A l’âge de l’émancipation, le patient n’obéit qu’à lui-même, étant par ailleurs le «premier expert de sa maladie». Le médecin est, désormais, en défaut d’autorité. De surcroît, la suprématie même de son expertise scientifique et technique est elle-même sous-estimée, voire niée. «Doit-on pour autant proclamer la fin de l’autorité du médecin?». La relation de confiance que chacun souhaite a priori avec son médecin ne repose-t-elle pas sur une certaine présomption d’autorité? A contrario, là où l’autorité des personnes est entamée, n’assiste-t-on pas à un glissement de l’autorité du médecin au profit du pouvoir des règles technico-scientifiques et des procédures administro-juridiques, déontologiques? Dès lors, la réflexion sur l’autorité ne permet-elle pas de réhabiliter la notion de paternalisme dans le contexte d’une relation asymétrique entre la personne en situation de vulnérabilité et le médecin et le personnel soignant?
Quand?
30.10.2017 14:15
Où?
Site MIS 03 / Salle 3027
Avenue de l'Europe 20, 1700 Fribourg
Organisation
Institut interdisciplinaire d'éthique et des droits de l'homme
Bernard Schumacher
bernard.schumacher@unifr.ch
Av. de Beauregard 13 IIEDH
1700 Fribourg
263007344
Intervenants
Jean-Paul Fragnière, philosophe, Collège St-Michel, Fribourg
Boris Cantin, médecin responsable de l’unité de soins palliatifs au HFR Fribourg